Classification et dénomination des plantes d’intérieur

Sur ce site, et sans doute ailleurs, vous avez très probablement vu des noms de plantes écrits en latin. Au contraire, vous en avez sans doute vu dans un langage courant, ou en anglais. Dans cet article on fait le point sur toutes ces terminologies, en se focalisant sur les plantes d’intérieur.

On fera donc volontairement abstraction de certaines informations, sinon cet article serait bien trop lourd. Une recherche « classification des espèces » dans un moteur de recherche devrait satisfaire les plus curieux.

Nom scientifique ou courant ?

Quelle est la différence entre un Peperomia polybotrya et un Peperomia « raindrop » ? Réponse : aucune. Il s’agit de la même plante. Peperomia polybotrya est son nom scientifique, et Peperomia « raindrop » est son nom courant ; ou plus précisément son nom vernaculaire.

Quelques exemples de noms vernaculaires et scientifiques :
Caoutchouc = Ficus elastica
Ficus Ali = Ficus maclellandi
Monstera minima = Raphidophora tetrasperma
Plante ZZ = Zamioculcas zamiifolia
Pothos doré = Scindapsus aureus

Parfois, le nom vernaculaire est juste une abréviation du nom scientifique d’une espèce très connue :
Maranta = Maranta leuconeura
Monstera = Monstera deliciosa
Schefflera = Schefflera arboricola

On trouve aussi des anglicismes dans les noms vernaculaires :
Peperomia « watermelon » = Peperomia pastèque, en français
Philodendron « pink princess » = Philodendron princesse rose
Pothos « marble queen » = Peperomia reine de marbre

Parfois, certains noms scientifiques ne sont pas ou peu connus. On utilise donc le nom vernaculaire le plus souvent.

C’est le cas du Philodendron « Birkin », dont le nom scientifique n’est pas ou peu répandu.
Il en est de même pour le Tradescantia « Blushing bride » (mariée rougissante, en français).

Dans cet article, il va être question des noms scientifiques, car ce sont eux qui permettent une bonne classification des plantes (et plus globalement, de toutes les espèces vivantes, qu’elles soient animales ou végétales). Ils sont souvent en latin.

Espèce ? Race ? Famille ? Genre ? La classification

Maintenant que la différence entre nom vernaculaire et nom scientifique est expliquée, on va s’intéresser à la classification. Précisons tout de suite qu’il en existe plusieurs. Ici on va se baser sur l’une des plus importantes utilisées à ce jour, la classification APG III. De toutes façons, cela ne fera pas une très grande différence pour ce qui nous intéresse dans cet article. La classification des espèces végétales se fait par niveau, qui s’imbriquent les uns dans les autres. Un niveau peu aussi être appelé un « clade« .

Pour parcourir les différents niveaux, je vous propose de prendre l’exemple du Raphidophora tetrasperma.

Le niveau le plus large est celui du règne, en l’occurrence végétal, appelé Plantae. Il regroupe tous les végétaux, du pissenlit au séquoia, en passant par le ficus et les carottes. Les animaux eux appartiennent au règne Animalia, et les champignons au règne Fungi. Il en existe quelques autres

Le niveau en dessous est celui des Angiospermes. Il regroupe toutes les plantes à fleurs. Même si ce n’est pas forcément visible, environ 95% des végétaux de la planète sont des Angiospermes. La quasi totalité des plantes d’intérieur en fait donc partie. On notera l’exception des fougères, qui ne sont pas des Angiospermes.

Puis vient le clade des Monocotyléones. Derrière ce terme un peu barbare se cache juste le groupe des végétaux qui naissent d’une graine, et qui ne présentent qu’une seule feuille durant leurs premiers jours.

Le niveau suivant s’appelle l’ordre. Le Raphidophora appartient à l’ordre des Alismatales. Cet ordre comprend beaucoup de plantes aquatiques, mais pas que.

On arrive ensuite aux niveaux qui vont vraiment nous intéresser. Le premier est la famille. Celle du Raphidophora est celle des Araceae. On trouve également dans cette dernière les Monstera, les Philodendron, les Pothos (Scindapsus, Epipremnum). On remarquera que toutes ces plantes sont des lianes, et que leur mode de développement est très similaire. Parfois, on peut reconnaitre des plantes appartenant à la même famille juste en les observant, et en constatant leurs similitudes. Mais parfois c’est impossible pour les non-spécialistes : Zamioculcas et Spathiphillum sont aussi des Araceae !

Au sein d’une famille, on va trouver les genres. Raphidophora est un genre, de même que Monstera ou Philodendron.

Enfin, à l’intérieur d’un genre, on va trouver les espèces. Une espèce est nommée selon la syntaxe genre, suivi d’un ou plusieurs suffixes. Raphidophora tetrasperma est une espèce. Monstera deliciosa aussi, de même que Philodendron hederaceum.

Les suffixes sont des adjectifs, qui caractérisent en général la plante. Tetrasperma signifie 4 graines ; cette terminologie a été choisie car les fleurs de cette plante disposent de 4 graines.

Les suffixes

Les suffixes sont donc les adjectifs qui permettent de différencier les espèces. Le terme exact est épithète spécifique. On restera sur le terme suffixe, par commodité.

Voici quelques suffixes, que l’on rencontre fréquemment dans le nom des espèces de plantes d’intérieur, ainsi que leurs significations transposées aux plantes. Ces adjectifs peuvent concerner la forme de la plante ou des feuilles, son port, sa couleur, ses panachures, … tout ce qui la caractérise.

albo : blanc
alternifolius : feuilles disposées en alternance
arboricola : port arborescent
aureus : doré, jaune
caperata : gauffré
deliciosa : délicat, voluptueux
elastica : élastique, caoutchouc
hastatum : feuilles en forme de lance, javelot
helix : qui pousse en spirale ou hélice
involucrata : recroquevillé
lactea : blanchâtre
maculata : tacheté
marginata : coloré sur les bords
ovata : en forme d’oeuf, ovale
prostrata : port prostré
pupurea : pourpre
rotundifolia : feuilles rondes
scandens : port rampant
tricolor : de trois couleurs
variegata : panaché
verticillata : feuilles organisées selon une disposition verticillée
zebrina = zébré

Il en existe des milliers. Un « jeu » intéressant est de prendre les suffixes de vos plantes d’intérieur, et d’essayer d’en trouver l’origine en observant la plante. Une recherche sur internet, notamment via des traducteurs latin-français, confirmera ou non votre observation.

La syntaxe du nom des plantes

Afin de correctement écrire le nom scientifique d’une plante, quelques règles sont à respecter. On l’a dit, le nom d’une plante (son espèce) est composé de son nom de genre, suivi d’un ou plusieurs suffixes.

Tous les termes qui sont en latin doivent être écrits en italique. Une majuscule est requise pour la première lettre du genre, mais pas pour les suffixes. Le nom vernaculaire n’est pas écrit en italique.

Illustrons ceci avec la plante dont le nom vernaculaire (= nom courant) est Monstera variegata.

On l’a dit, sa famille est celle des Araceae, comme le Raphidophora. Son genre est Monstera. En l’occurrence, il s’agit de Monstera deliciosa (il existe aussi des Monstera adansonii, Monstera standleyana, …). Ses feuilles sont panachées, le suffixe variegata a donc été ajouté. Enfin, les panachures sont blanches, alors qu’il en existe d’autres pour ce genre (jaunes) ; on ajoute donc albo.

Le nom scientifique de l’espèce est donc Monstera deliciosa albo variegata.

La classification complète est la suivante :

Sur ce site, je m’efforce de respecter la bonne syntaxe et les bonnes règles d’écriture. Toutefois, il n’existe aucun consensus international sur le sujet. Des variations de dénomination et classification sont très fréquentes. J’apprends tous les jours et je corrige fréquemment les erreurs du site, mais en attendant que j’ai terminé je vous remercie pour votre indulgence, il reste en effet quelques points à améliorer. On notera aussi que toutes les espèces ne disposent pas forcément d’un nom scientifique. Elles ont donc uniquement un nom vernaculaire, déterminé par les producteurs. Exemples : Pothos néon, Misère Nanouk, …



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